Biographie :
PREMIERS MOTS
1996 : Keny Arkana commence à rapper pour ses camarades de foyer. Du mal à parler des choses qui font mal, alors Keny les rappe, tout simplement. 2006 : Elle met la touche finale à son premier album, le très attendu « Entre Ciment Et Belle Etoile ». Entre-temps ? De nombreux voyages improvisés, pour découvrir le monde par elle-même, plutôt que dans les livres. Des rencontres aussi, avec des personnes qui partageaient la même soif de liberté et le même refus de voir l'économie prendre le pas sur les valeurs humaines. Et puis, toujours, l'écriture et la musique pour exprimer ses utopies, ses convictions, sa colère, et puis ses doutes.
« Je viens de l'incendie, regarde les brûlures de mon âme ; Marquée au fer rouge, comment faire, ma mémoire me condamne : des douleurs intérieures, lancinantes, impérissables me bouffent jour et nuit... Comment soigner l'inguérissable ? »
(« Je Viens de L'Incendie » )
Dans « Entre Ciment Et Belle Etoile », toute rage est constructive, la lutte n'est jamais une fin en soi, et la contestation est inséparable de l'introspection. Dès « Le Missile Suit Sa Lancée », suivi de l'effréné « Je Viens De l'Incendie », le ton est donné. Ecorchée vive, Keny rappe ses plaies avec fougue et conviction. Comme enfermée trop longtemps, elle lâche tout ce qui lui pèse, impose son rythme à la musique et entraîne l'auditeur dans sa course, sans s'attarder sur son propre sort. Elle sait qu'elle n'est pas la seule à avoir connu les « violences du système », et le récit de son propre parcours nourrit une parole qui ne sombre jamais dans l'abstraction.
Ainsi est l'album. Que Keny évoque une prise de conscience collective (« Jeunesse du Monde »), déplore l'absence d'une contrée du globe épargnée par les dérives de notre époque (« Sans Terre d'Asile »), ou appelle à une remise en question individuelle (« Cueille Ta Vie »), son discours ne se charge jamais d'idéologie et demeure résolument humain. Keny multiplie les points de vue, varie les échelles et dresse le portrait d'un monde en mouvement qui n'épargne personne. Elle se met dans la peau d'une adolescente vivant en Argentine (« Victoria », avec Claudio Ernesto Gonzalez), incarne la rue pour dénoncer la glorification dont celle-ci est l'objet (« La Mère des Enfants Perdus »), raille le double discours des hommes politique (« Nettoyage au Kärcher ») ou met en scène une galerie de personnages qui se croisent un matin face à un arrêt de bus (à nouveau « Cueille Ta Vie »). Et quand son propos se fait virulent, à l'image de « La Rage », premier extrait de l'album, ce n'est pas à la légère, mais bel et bien dicté par l'urgence d'une situation mondiale qui rend impossible tout épanouissement personnel.
pour se ke sa intéresse :P:
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